Les gros titres sur l'IA et l'emploi viennent majoritairement des États-Unis. Qu'en est-il réellement de la position française, une fois les chiffres comparés directement ?
Selon la note Trésor-Éco n°391, le taux d'adoption de l'IA par les entreprises françaises atteint 18%, légèrement sous la moyenne européenne de 20% — mais avec une progression plus rapide (+8 points entre 2024 et 2025, contre +6 points en moyenne européenne). La France part donc d'un niveau plus bas, mais comble une partie de son retard plus vite que ses voisins européens.
Les vagues de licenciements massifs dans la tech, largement documentées aux États-Unis (Meta et d'autres grands groupes), n'ont pas d'équivalent de même ampleur en France, où le tissu d'entreprises technologiques est structurellement plus petit et le droit du travail plus protecteur des suppressions massives et rapides. En revanche, plusieurs analyses spécialisées notent que la France reste "à la traîne" sur la création nette de nouvelles offres d'emploi tech, sans connaître pour autant les suppressions spectaculaires observées outre-Atlantique.
Le marché britannique du travail présente des dynamiques plus proches du modèle américain que du modèle français sur la flexibilité de l'emploi, tout en partageant avec la France une articulation plus étroite entre politiques publiques de l'emploi et accompagnement à la reconversion face à l'automatisation.
Le rythme d'automatisation réel d'un métier donné dépend moins de la nationalité de l'entreprise que du secteur et du type de tâches exercées — nos scores, calculés sur le référentiel français ROME 4.0, restent le point de repère le plus pertinent pour un actif en France, indépendamment des dynamiques observées à l'étranger.
Direction générale du Trésor, Trésor-Éco n°391, juin 2026 — tresor.economie.gouv.fr
Turnover-IT, IA et offres d'emploi tech : la France à la traîne — turnover-it.com