Au-delà des scores calculés par IA Job Impact sur le référentiel ROME 4.0, plusieurs organismes publics et privés publient régulièrement des analyses sur l'impact de l'IA sur l'emploi. Voici un état des lieux sourcé, avec pour chaque chiffre son origine exacte et ses limites méthodologiques.
Cette note de la Direction générale du Trésor (Martin Chopard, Elisa Cotet, Tristan Gantois, Eloïse Villani) situe l'exposition potentielle de l'emploi français à l'IA entre 5% et 60% selon les hypothèses retenues — un intervalle volontairement large qui illustre l'incertitude méthodologique du sujet, pas un chiffre unique à retenir tel quel. La note relève aussi que 62% des Français perçoivent l'IA comme un risque pour l'emploi (Baromètre du numérique 2025), et documente des taux d'adoption de l'IA très disparates selon les secteurs : 59% dans l'information-communication contre 9% dans la construction. Le taux d'adoption des entreprises françaises est de 18% (OCDE 2025), légèrement sous la moyenne européenne (20%), mais avec une progression plus rapide (+8 points entre 2024 et 2025, contre +6 points en moyenne européenne).
Le rapport de l'OCDE estime que 27% des emplois dans les pays membres présentent un risque élevé d'automatisation, défini comme impliquant plus de 25 tâches sur 100 jugées facilement automatisables par des experts. Ce chiffre, antérieur à la diffusion massive de l'IA générative type ChatGPT, est une estimation de risque structurel à l'échelle de l'OCDE — pas une prévision de suppressions de postes en France à court terme.
L'étude conjointe Coface/OEM "Emplois, compétences, valeur : ce que l'IA est en train de bouleverser", portant sur 923 métiers, avance qu'environ 16% des tâches sont exposées à l'automatisation dès aujourd'hui, ce qui pourrait concerner jusqu'à 5 millions de postes dans les années à venir. L'étude précise elle-même une limite importante : « cet indicateur reflète une exposition des tâches, et non leur destruction » — une nuance essentielle que les relais médiatiques de ce chiffre omettent souvent.
Toutes distinguent explicitement exposition des tâches et destruction d'emplois — une tâche automatisable ne signifie pas un poste supprimé, surtout quand elle ne représente qu'une partie de l'activité réelle. C'est exactement l'angle que prend IA Job Impact en analysant chaque métier tâche par tâche plutôt que comme un bloc : voir notre méthodologie.
Direction générale du Trésor, Trésor-Éco n°391, juin 2026 (Chopard, Cotet, Gantois, Villani) — tresor.economie.gouv.fr
OCDE, Employment Outlook 2023 — oecd.org/en/topics/ai-and-work
Coface / Observatoire des Emplois Menacés et Émergents, Emplois, compétences, valeur : ce que l'IA est en train de bouleverser, relayé par la CFE-CGC — cfecgc.org