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IA et emploi : les études 2026 sont-elles d'accord entre elles ?

Publié le 8 septembre 2026 · Dernière révision : 19 septembre 2026 · Méthodologie des scores (v2.0, prochaine révision : décembre 2026)

5% à 60% d'exposition potentielle de l'emploi selon la Direction générale du Trésor, 27% selon l'OCDE, 16% des tâches selon Coface : ces chiffres ne mesurent pas la même chose. Voici comment les lire ensemble plutôt que les opposer.

Trois méthodologies, trois définitions de "l'exposition"

ÉtudeChiffre cléCe qu'il mesure réellement
Trésor-Éco n°391 (2026)5% à 60%Fourchette selon les hypothèses de substitution retenues — pas un chiffre unique
OCDE, Employment Outlook (2023)27% des emploisPart des emplois avec plus de 25% de tâches jugées automatisables, antérieur à l'IA générative grand public
Coface / OEM16% des tâchesExposition actuelle des tâches, sur 923 métiers, pouvant concerner jusqu'à 5 millions de postes à terme

Ces chiffres ne sont pas contradictoires : ils répondent à des questions différentes, avec des périmètres et des horizons temporels distincts. Comparer un pourcentage d'emplois "à risque théorique" (OCDE) à un pourcentage de tâches "déjà exposées aujourd'hui" (Coface) revient à comparer des unités de mesure différentes.

Le point d'accord méthodologique le plus important

Toutes ces études, sans exception, distinguent explicitement exposition d'une tâche et suppression d'un emploi. Coface le formule ainsi : « cet indicateur reflète une exposition des tâches, et non leur destruction ». C'est précisément l'angle que retient notre propre méthodologie, qui note chaque tâche individuellement plutôt que chaque métier comme un bloc — voir comment lire un score d'automatisation.

Pourquoi les médias retiennent souvent le chiffre le plus spectaculaire

Le chiffre "jusqu'à 5 millions de postes" (Coface) est le plus repris dans la presse généraliste, alors que l'étude elle-même l'assortit d'une nuance importante sur la différence entre exposition et destruction. C'est un cas d'école de simplification médiatique d'un chiffre pourtant assorti d'un avertissement clair dans l'étude source.

Ce qu'il faut retenir en pratique

Aucune de ces études ne permet de prédire, à l'échelle individuelle, si un poste précis va disparaître. Toutes convergent en revanche sur une hiérarchie sectorielle cohérente entre elles : information-communication et services administratifs davantage exposés, construction et soin à la personne beaucoup moins — une hiérarchie que confirme notre propre classement des métiers les plus exposés.

Pour le détail complet de chaque étude, voir notre panorama : IA et emploi en France, ce que disent les études officielles.
Pour aller plus loin